Ma faille

Ciné: Les Graines du figuier sauvage

Un film iranien de trois heures ? J’en suis. Simple d’esprit j’élargis toujours plus mon horizon cinématographique, rendez-vous en Iran où son plus célèbre réalisateur, Abbas Kiarostami, a engendré de nombreux apprentis. Certes ce n’est pas à la hauteur du grand maître de l’arthouse iranien mais ces derniers brillent par les pépites que le pays a pu nous apporté (À propos d’Elly, La Loi de Téhéran). Visionné dans le mk2 Gambetta la salle était étonnamment remplie. Je ne m’attendais à rien, je n’ai même pas lu le synopsis, mes critères de sélection d’un film est simple : le titre, le pays d’origine, l’affiche et les ondes que peuvent me renvoyer l’ensemble.

Dans Les Graines du figuier sauvage nous suivons l’ascension d’Iman, un fonctionnaire juriste, qui après 20 ans de service se voit nommé enquêteur au tribunal de Téhéran. Très vite il se rends compte qu’on attends seulement de lui d’avaliser les condamnations à mort décidés par le procureur. En parallèle nous assistons à la vie de sa femme, au foyer, ainsi que ses deux filles, lycéennes.

L’intrigue se déroule lentement mais sûrement, dès le début on nous introduit à un pistolet qu’Iman recevra après la signature de son engagement et en tant que spectateur averti on pense au fusil de Tchekhov car c’est ce pistolet qui enclenchera toute la paranoïa de notre paternel. Nous pouvons facilement déterminer la date du long-métrage avec la mort de Mahsa Amini, une étudiante iranienne d’origine kurde de 22 ans qui est mort trois jours après avoir été arrêté par la police des mœurs pour « port de vêtements inappropriés. C’est dans cet environnement que Rezvan et Sana grandissent et voient à travers la propagande iranienne qui terrorise sa population et construisent une conscience politique et féministe, ce qui n’est pas au goût de Najmeh, leur mère.

On pourrait penser dans ce film que ça soit la famille contre l’État Islamique mais finalement on retrouve plutôt le père dans toute sa puissance contre sa femme et ses filles. J’ai trouvé ça très intéressant surtout dans la deuxième partie où petit à petit la mère se rends compte que son mari a perdu la tête à force d’avoir des soupçons envers tout le monde.

En somme un film sympathique quoique sombre mais décisif pour se rendre compte de la problématique carcérale du pays. Et qu’un semblant d’espoir est toujours envisageable.